LPM 2024-2030 actualisée : 36 milliards d'euros supplémentaires et une nouvelle trajectoire
La loi du 16 août 2026 actualise la programmation militaire 2024-2030 : l'enveloppe passe de 413,3 à 435,7 milliards d'euros, avec des crédits de paiement portés à 75,7 milliards d'euros en 2030.
Par Rédaction · Publié le

De la loi de 2023 à son actualisation
La loi n° 2023-703 du 1er août 2023 a fixé la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, avec des besoins physico-financiers évalués à 413,3 milliards d'euros courants sur la période. Elle prévoyait une clause d'actualisation, mise en œuvre en 2026.
Le projet de loi d'actualisation, adopté par l'Assemblée nationale selon la procédure accélérée, a été transmis au Sénat le 19 mai 2026. Le texte définitif est devenu la loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense, publiée au Journal officiel du 18 août 2026.
Une enveloppe portée à 435,7 milliards d'euros
L'actualisation ajoute 36 milliards d'euros de ressources nouvelles sur la période 2026-2030. Le besoin programmé total atteint désormais 435,7 milliards d'euros. Les années 2024 et 2025, déjà exécutées ou en cours, ne sont pas modifiées.
La trajectoire des crédits de paiement de la mission « Défense » s'établit ainsi (en milliards d'euros courants) :
- 2024 : 47,2 (inchangé) ;
- 2025 : 50,5 (inchangé) ;
- 2026 : 57,1, contre 53,7 prévus initialement ;
- 2027 : 63,3, contre 56,9 ;
- 2028 : 69,5, contre 60,4 ;
- 2029 : 72,6, contre 63,9 ;
- 2030 : 75,7, contre 67,4.
Sur la période, le total passe ainsi d'environ 400 à 436 milliards d'euros de crédits de paiement, l'essentiel de l'effort supplémentaire étant concentré sur les années 2027 à 2030.
Une loi qui ne se limite pas au budget
Au-delà de la trajectoire financière, le projet de loi transmis au Sénat comportait un volet consacré au réarmement et à la résilience. Il prévoyait notamment :
- des obligations de constitution de stocks pour certains opérateurs d'importance vitale ;
- un renforcement du contrôle de l'État sur les entreprises de défense ;
- une accélération des procédures environnementales applicables aux projets industriels de défense ;
- des dispositions relatives à la mobilisation et à la création d'un service militaire volontaire.
Le texte fixait également des cibles d'effectifs pour le ministère des Armées, avec un objectif de 275 000 équivalents temps plein en 2030 dans la version transmise au Sénat.
Ce que cela change pour l'industrie
Pour la base industrielle et technologique de défense (BITD), l'actualisation a plusieurs implications :
- une visibilité accrue sur les commandes jusqu'en 2030, condition nécessaire aux investissements de capacité des industriels et de leurs fournisseurs ;
- un effort concentré en fin de période, qui suppose que les capacités de production, les stocks de matières et les compétences soient disponibles à temps ;
- des outils juridiques destinés à accélérer l'implantation ou l'extension de sites industriels.
L'enjeu, pour les maîtres d'œuvre comme pour les PME, est désormais l'exécution : transformer des crédits votés en commandes notifiées par la Direction générale de l'armement, puis en livraisons.
Une lecture budgétaire à nuancer
Les montants de la programmation s'expriment en euros courants et intègrent donc l'effet de l'inflation. Par ailleurs, une loi de programmation fixe un cadre pluriannuel, mais les crédits sont votés chaque année en loi de finances. L'écart éventuel entre programmation et exécution, régulièrement examiné par les commissions parlementaires, constitue un indicateur à suivre pour les industriels.
Pour les entreprises, la traduction concrète de ces crédits passe par le calendrier des notifications de contrats. Les montants votés ne deviennent du chiffre d'affaires qu'une fois les commandes passées, puis les équipements produits et livrés, avec des délais qui peuvent s'étendre sur plusieurs années pour les programmes aéronautiques.
Ce qu'il faut retenir
L'actualisation de 2026 relève de 36 milliards d'euros l'enveloppe de la LPM 2024-2030, portant le total à 435,7 milliards d'euros. La marche la plus haute intervient à partir de 2027, ce qui place la capacité de montée en cadence de l'industrie au cœur de la réussite de la programmation.
Sources
- Loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 (texte publié au JO du 18 août 2026)
- Sénat – Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 (texte n° 635, 2025-2026)
- Ministère des Armées – Les commandes auprès de l'industrie de défense passées par la DGA atteignent un niveau historique en 2023
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