DGA : missions et poids industriel de la Direction générale de l'armement
Avec environ 10 500 agents, la Direction générale de l'armement équipe les forces, prépare l'avenir et pilote les relations avec une base industrielle de plus de 4 000 PME, ETI et start-up. Ses commandes ont atteint 20,3 milliards d'euros en 2023.
Par Rédaction · Publié le

Une institution née en 1961
La Délégation ministérielle pour l'armement (DMA) est créée en 1961, sous la présidence du général de Gaulle, pour rassembler les services techniques et industriels de l'armement. Elle devient la Délégation générale pour l'armement en 1977, puis la Direction générale de l'armement (DGA) en 2009. Elle est dirigée par le délégué général pour l'armement.
Selon le document de vision stratégique publié par la DGA en 2023, l'institution compte environ 10 500 agents, majoritairement ingénieurs et techniciens, dont 80 % de civils, et plus de 4 500 experts techniques et scientifiques.
Cinq missions
La DGA décrit son action autour de cinq missions :
- équiper et soutenir les forces de manière souveraine, en tant que maître d'ouvrage du système de défense : elle définit le besoin technique, contractualise avec les industriels et s'assure de la performance de bout en bout ;
- assurer l'anticipation stratégique technologique et industrielle ;
- maintenir les fondements de la dissuasion nucléaire et développer la capacité cyber du ministère ;
- promouvoir une coopération pragmatique et soutenir les exportations ;
- piloter et accompagner la base industrielle et technologique de défense (BITD).
L'interface avec la BITD
La BITD française est structurée autour d'une dizaine de grands maîtres d'œuvre industriels, qui fédèrent plus de 4 000 start-up, PME et ETI, ainsi que des laboratoires et instituts de recherche. La DGA se situe au centre de ce dispositif : elle passe les commandes, conduit les essais et la qualification des matériels, et veille à la pérennité des compétences critiques.
Le volume de commandes donne la mesure de ce rôle. En 2023, la DGA a passé environ 20,3 milliards d'euros de commandes auprès de l'industrie de défense, un niveau historique selon le ministère des Armées, dont près de 9 milliards pour le seul mois de décembre. Ces commandes, premières traductions de la LPM 2024-2030, couvraient les domaines aérien, terrestre, naval et spatial. Parmi les exemples cités figuraient 42 Rafale au standard F4 et 420 véhicules Serval.
L'« économie de guerre » comme orientation
La vision stratégique de 2023, signée par le délégué général Emmanuel Chiva, met en avant la transition vers une économie de guerre, présentée comme une transformation durable plutôt que conjoncturelle. Celle-ci repose sur :
- l'augmentation des capacités de production et la réduction des délais ;
- la constitution de stocks de matières et de composants critiques ;
- la résilience des chaînes d'approvisionnement, les grands maîtres d'œuvre étant invités à sécuriser leur sous-traitance en contrepartie d'une meilleure visibilité sur les commandes publiques.
Le document insiste aussi sur l'autonomie stratégique, nationale et européenne, à appréhender « sans dogmatisme », et sur l'innovation, avec l'Agence de l'innovation de défense rattachée à la DGA.
Expertise et essais
La DGA dispose de centres d'expertise et d'essais répartis sur le territoire, couvrant notamment l'aéronautique, les missiles, le naval, le terrestre, la maîtrise de l'information et le NRBC. Ces moyens permettent à l'État de qualifier les équipements de manière indépendante des industriels, une spécificité du modèle français.
Une dimension européenne croissante
La DGA intervient aussi dans les programmes menés en coopération, soit directement avec d'autres États, soit par l'intermédiaire de l'OCCAR. Elle participe en outre à la mise en œuvre des instruments européens de soutien à l'industrie de défense, qui ajoutent un niveau supplémentaire à l'articulation entre besoins nationaux et capacités industrielles.
Ce qu'il faut retenir
La DGA est à la fois acheteur, ingénieur, testeur et architecte de la politique industrielle de défense. Avec la hausse des crédits de la LPM, sa capacité à transformer les budgets en contrats, puis à accompagner la montée en cadence des industriels, est un paramètre clé pour l'ensemble de la filière aérospatiale et de défense.
Sources
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