Recrutement : la filière aérospatiale française face à un besoin de compétences durable
Avec 29 000 recrutements en 2024 selon le GIFAS et plus de 230 000 emplois directs, l'industrie aéronautique et spatiale reste un recruteur industriel de premier plan. Derrière les volumes, compétences et supply chain dominent.
Par Rédaction · Publié le

Des volumes d'embauche élevés
L'industrie aéronautique et spatiale française a renoué avec une dynamique d'emploi soutenue. Dans son communiqué de vœux publié en janvier 2026, le GIFAS (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) indique que 29 000 recrutements ont été réalisés en 2024 par ses membres, pour un total de 222 000 emplois directs et la création de 14 000 emplois nets, soit une hausse des effectifs de 5 %. Le groupement estimait alors les embauches de 2025 entre 25 000 et 30 000.
Lors de son assemblée générale, en juillet 2026, le GIFAS a indiqué que la filière avait recruté plus de 20 000 collaborateurs dans tous les territoires et qu'elle employait directement 230 500 personnes. La profession affiche un chiffre d'affaires 2025 de 85,6 milliards d'euros, réparti à 74 % dans le civil et 26 % dans la défense.
Ces chiffres doivent être lus avec prudence : ils portent sur le périmètre des adhérents du GIFAS et non sur l'ensemble de l'écosystème, qui inclut aussi des sous-traitants non adhérents, des ateliers de maintenance et des services.
Une chaîne d'approvisionnement sous tension
Le principal défi n'est plus seulement de recruter, mais de tenir les cadences. Les grands donneurs d'ordres disposent de carnets de commandes de plusieurs années, et la capacité de la chaîne d'approvisionnement à suivre conditionne les livraisons. Selon l'étude annuelle menée avec la Banque de France et citée par le GIFAS, les effectifs de la supply chain sont désormais supérieurs à leur niveau de 2019, ce qui marque la sortie de la crise sanitaire sur ce plan.
Les PME et ETI concentrent une part importante des difficultés. Le GIFAS souligne que les PME de son comité Aéro-PME représentent 11 % des effectifs de la filière et 8 % de son chiffre d'affaires, et que 44 % de leurs dirigeants ont plus de 60 ans. La question de la transmission des entreprises s'ajoute ainsi à celle du recrutement.
Des métiers en tension identifiés
Les besoins portent sur un éventail large de profils, du CAP à l'ingénieur :
- production : ajusteurs-monteurs, chaudronniers, usineurs sur machines à commande numérique, câbleurs, opérateurs composites ;
- contrôle et qualité : contrôleurs, techniciens qualité, spécialistes des contrôles non destructifs ;
- maintenance : mécaniciens et techniciens aéronautiques, avionique et structure ;
- ingénierie : calcul de structures, systèmes embarqués, logiciel, méthodes et industrialisation ;
- fonctions support : achats, supply chain, cybersécurité.
Les métiers de production qualifiés, souvent accessibles par l'apprentissage ou la formation continue, sont ceux pour lesquels la tension est la plus forte. Le GIFAS fait de l'alternance et de la féminisation des métiers deux priorités, sans que des objectifs chiffrés ne soient publiés dans ses communiqués récents.
Les leviers mobilisés
Pour répondre à ces besoins, la filière combine plusieurs approches :
- partenariats avec les opérateurs publics de l'emploi et de la formation, pour orienter des demandeurs d'emploi vers des formations courtes qualifiantes ;
- développement de l'apprentissage, du bac professionnel au diplôme d'ingénieur ;
- campagnes de promotion des métiers auprès des collégiens et lycéens ;
- implication dans les campus des métiers et des qualifications consacrés à l'aéronautique et au spatial ;
- reconversion de salariés venus d'autres secteurs industriels.
La maintenance, un besoin parallèle
Les besoins ne se limitent pas à la construction. Les ateliers de maintenance, les compagnies aériennes et les opérateurs militaires recrutent eux aussi des mécaniciens et techniciens qualifiés, sur un marché où les mêmes profils sont recherchés par les industriels. Cette concurrence entre employeurs pèse sur les salaires et sur la fidélisation, et pousse les entreprises à investir davantage dans la formation interne et les parcours de qualification.
Un enjeu de long terme
La pyramide des âges, la montée en cadence des programmes civils et la hausse des besoins de défense convergent vers une demande de compétences qui devrait rester élevée. Pour les candidats, la filière offre des parcours variés et des perspectives d'évolution. Pour les entreprises, la capacité à attirer, former et fidéliser devient un facteur de compétitivité au même titre que la technologie ou les coûts.
Sources
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